Enseignement, Propositions

Repenser l’enseignement, du général à l’apprentissage

 

 

Contexte

L’objectif de l’Ecole est d’être le garant du « réussir sa vie », en aidant les uns à atteindre des niveaux d’études qui permettent d’élever leur condition sociale et les autres à trouver leur place dans leur vie. Force est de constater que l’Ecole d’aujourd’hui manque ces deux objectifs. Non seulement elle ne réduit pas les inégalités sociales, mais elle les aggrave. Non seulement elle ne gomme pas les inégalités géographiques, mais elle les amplifie. Non seulement elle ne sait pas traiter les spécificités, mais elle les ignore délibérément, confondant égalité des chances et uniformisation aveugle.

Constats

25% des élèves qui sortent de l’école élémentaire ne savent ni lire, ni écrire, ni compter suffisamment bien pour pouvoir intégrer la suite des apprentissages dans de bonnes conditions. Chaque année, 150 000 élèves décrochent du système sans qualification et ne trouvent pas d’emplois. Après avoir doté 80% d’élèves de lycée du diplôme du baccalauréat le pourcentage d’élèves qui entrent en première année de faculté et qui abandonnent sans avoir atteint un niveau de qualification suffisant pour trouver un emploi est faramineux. Ainsi, sur 200 000 étudiants (par an) inscrits en 1ère année de faculté de Droit, 1000 deviendront avocats, 20 seront magistrats, 8 commissaires de police. Quid des 198 972 autres ?
Cette démonstration est valable dans de trop nombreuses filières, et tout cela représente un coût financier explosif pour la Société, sans parler du préjudice moral et des désillusions destructrices subies par nos enfants.

Enjeux

Il est impératif que le système scolaire retrouve son efficacité à aider chacun à trouver sa place dans la Société. Y parvenir suppose de remettre l’école sur le chemin de ses missions fondamentales qui sont de :
– Doter les enfants des outils leur permettant de penser par eux-mêmes, ce qui passe par
une garantie d’acquisition des fondamentaux : lire, écrire, compter.
– Faire apprécier aux élèves la chance qui est la leur de pouvoir étudier gratuitement,
imposer le respect des professeurs, des institutions et des règles de vie à l’école.
– Permettre aux élèves de s’adapter afin de pouvoir entrer dans la vie adulte et de devenir des actifs éclairés et épanouis.

Propositions :

1) Accorder une autonomie aux « responsables d’écoles et d’établissements » en :
– Autorisant chaque école à organiser ses classes et ses niveaux avec « obligation de faire progresser chaque élève par rapport à lui-même », notamment en donnant la possibilité aux écoles de faire varier les effectifs de leurs classes, de la Petite section de maternelle au CP, de 15 et 30 élèves suivant les cas, en fonction des niveaux observés et évalués.
– Faisant des directeurs d’écoles les pilotes et les garants des résultats scolaires, en contrepartie d’une rétribution (fixe et variable) à la hauteur des responsabilités et des résultats obtenus (à ce jour un directeur d’école gagne à peine 10% de plus qu’un enseignant pour « tenir » une école tout en enseignant, d’où la difficulté à recruter).

– Redéployant des moyens excessivement administratifs et trop peu « terrain » : une ville comme Lyon compte 800.000 élèves, pour 52.000 personnels de l’éducation nationale dont plus de 20 % d’administratifs, qui ne sont donc pas sur le terrain.

2) Revoir le système de formation et la rémunération des enseignants en :
– Recrutant après une Licence (Education) couplée à une formation en langue, et en amenant les licenciés au niveau Master sur 2 années, grâce à une formation sur le terrain, visant à comprendre le monde du travail en passant par des stages en entreprise.
– Elargissant le recrutement des enseignants à des candidats issus du monde de l’Entreprise
– Investissant dans une formation continue de qualité dispensée par des experts en neurosciences, ou par des spécialistes de la pédagogie (8 semaines par an).
– Augmentant les rémunérations dans des proportions suffisantes pour rendre le métier attractif et garantir ainsi les compétences des candidats, ainsi qu’en prévoyant une évolution tout au long de la carrière d’enseignant en fonction de critères de résultats.

3) Lien école / entreprise
– Instaurer le collège unifié en regroupant tous les élèves d’une même classe d’âge dans un même établissement, bien que dans des ateliers séparés. Les élèves qui suivent un cursus « classique » de collège côtoieront ainsi les futurs apprentis, l’objectif étant de faire connaître à tous les élèves les compétences et les réalisations de chacun (visite des classes et ateliers, expositions …)
– Organiser dès la classe de 5ème des stages en entreprises qui, au-delà de l’observation,
permettent aux élèves de participer concrètement à des activités.
– Dans la mesure où l’entreprise qui accueille un apprenti le forme et endosse ainsi le rôle de l’Education Nationale, rendre l’apprentissage gratuit pour l’entreprise. Ainsi, les
entreprises seront incitées à élargir leur recrutement d’apprentis.
– Autoriser l’apprenti à effectuer toutes les tâches requises par l’employeur et dans des
horaires compatibles avec les contraintes de l’entreprise.

4) Responsabiliser les parties prenantes :
– Rendre l’Ecole obligatoire jusqu’à 18 ans et s’assurer que chaque élève est soit en étude,
soit en apprentissage (de manière contrôlable par le système éducatif), ce afin d’éviter le
décrochage et le syndrome « ni en étude, ni en emploi »
– Conditionner le versement des allocations familiales et autres aides d’Etat à la présence des élèves en cours et au respect des règles de vie de l’Ecole. Cette mesure peut être exercée de manière différenciée et incitative, en prévoyant un système de bonus – malus (coefficient appliqué aux aides avec possibilité de récupérer 100% en cas d’amélioration).
– Repenser le rôle fondamental des Conseillers d’Orientations : faire assumer cette mission non plus uniquement par des professeurs (qui ne peuvent pas connaître tout l’éventail des possibilités) mais un quorum enseignants – professionnels – familles qualifié pour aider les jeunes élèves à se trouver à la bonne place au bon moment.
– Eliminer le papillonage et le tourisme scolaire en faisant rembourser par les familles les années d’études que l’étudiant ou l’apprenti n’honore pas (ex : remboursement d’une première année de faculté abandonnée dont le coût pour la collectivité atteint 14000€).

Plus que jamais l’Ecole doit permettre à ses jeunes citoyens d’intégrer la vie active pour s’y épanouir et contribuer à la vie en société. Les besoins de l’ensemble des secteurs, des entreprises, des hôpitaux, du monde de la culture … doivent être couverts et pensés par l’Ecole.

Contribution du Comité Enseignement – Formation Professionnelle de la société Civile
Française de la Droite et du Centre – octobre 2018

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